Les Méandres du Féminin Blessé : Chagrin d’Amour à la Bougie

Les Méandres du Féminin Blessé : Chagrin d’Amour à la Bougie

J’ai toujours aimé les bougies, aussi loin que je m’en souvienne. Si je remonte dans ma mémoire, c’est venu je pense à partir de l’âge de 5, 6 ans… une véritable Fascination. Une révélation ? …

 

J’ai aimé les bougies car ma mère les sortaient une fois par an, une seule fois, au moment des fêtes de fin d’année.

Leur rareté ont donc fait d’elles un objet sacré.

En tant que Témoins de Jéhovah, nous ne fêtions pas Noël. 

Malgré tout, en dehors des dates de réveillon, mes parents nous organisaient quand même une fête avec un repas différent, « amélioré ». Ma mère faisait de la dinde aux marrons et une bûche au chocolat maison, on mettait quelques guirlandes et ça me galvanisait totalement !

Ce n’était pas officiellement Noël mais, ça y ressemblait un peu. Mieux que rien.

À la télé, l’après midi, il y avait « Les Visiteurs de Noël ». 

Dehors, souvent, il y avait de la neige : la pelouse de la résidence disparaissait sous elle. C’était beau. beau et silencieux.

Le soir de « la fête », on était excités à l’idée d’ouvrir nos cadeaux, pas de sapin, ils étaient disposés par terre devant la télé. Lorsqu’on a grandi, on a pu faire des cadeaux à nos parents.

De cette soirée magique et unique dans mon année d’enfant un peu « à part », c’était un événement incontournable et de grande joie au coeur.

Sans anniversaire et sans autre célébration dans l’année, cette soirée était « THE » soirée. Ma mère mettait des bougies sur la table et lorsqu’on les éteignait, c’est que « c’était fini », il fallait aller se coucher, alors… avant d’y aller, je m’imprégnais de l’odeur de leur extinction… 

Coucher tardif pour une Nuit spéciale.

Mes parents prenaient une certaine liberté par rapport au dogme, j’en ai conscience, car dans les familles plus rigoureuses que la nôtre, il n’y avait rien, rien du tout, jamais.

Plus tard, j’ai commencé à acheter des bougies que je trouvais belles (en formes de fleurs, de gâteaux, de fruits, en forme de tout lol) mais j’étais incapable de les brûler. Alors, je les accumulais… Lorsque j’ai été en couple, j’ai commencé à en mettre, sans raison particulière apparente, juste pour « le plaisir ». Même si la bougie était associée pour moi à la fête, j’avais surement besoin de me rassurer au contact de ce souvenir de vie familiale chaleureux car la vie de couple me générait de l’angoisse les premiers temps.

En bonne dépendante affective, loin des miens, j’étais anxieuse et déstabilisée.

Et puis en 2001, j’ai écrit une chanson à leur sujet : « Les Bougies Parfumées ». J’avais 25 ans.

Souvent, j’écoute le vent souffler 

Et s‘engouffrer dans les volets

J’allume une bougie parfumée

Longue, carrée ou décorée

Incrustée de particules dorées

Elle m’aide à patienter

Je regarde ces flammes animées

Qui se dessinent dans la pénombre

Souvent j’écoute le vent soulever

Les dernières feuilles mélangées

Qui gisent aux pieds des marronniers

J’sais pas pourquoi j’aime m’entourer

De petites flammes blondes, ciselées

J’attends quelqu’un qui doit arriver

Je regarde ces flammes animées

Qui se dessinent dans la pénombre

Je respire leurs parfums acidulés

Dans l’ambiance feutrée d’un soir de Novembre

Mes pensées l’ont tant cherché

Qu’elles l’ont enfin, enfin trouvé

Et qu’il est… assis à mes côtés

Et maintenant qu’il est rentré

Je souffle mes bougies parfumées

Ma solitude s’est enfin consumée

Je regarde ces flammes animées

Qui se dessinent dans la pénombre

Je respire leurs parfums acidulés

Dans l’atmosphère tamisée de ce soir de Novembre

Pour le plaisir de les voir brûler

Même si elles s’éteignent sous un vent glacé

Je rallumerai mes bougies parfumées

Je l’attendrai devant un dîner

Servi entre deux chandeliers

Et lui dirai que même en hiver

La vie peut être belle

La vie peut être belle

La vie peut être belle

Par la suite, lorsque j’ai enfin eu une baignoire, j’en disposais tout autour et j’éteignais la lumière. Je me prélassais dans l’eau chaude.

Je cherchais la paix désespérément. Par tous les moyens.

Les bains m’apportaient un peu de détente et de réconfort même si, une fois ressortie de ces parenthèses de bien-être, ma vie n’avait pas changé et « tout » continuait.

Plus tard, bien plus tard, j’ai fait le lien.

Notamment en m’intéressant aux ouvrages de Doreen Virtue.

J’ai lu que les bougies, leur flamme, leur aura, convoquent les anges à nos côtés.

C’est une manière de les inviter dans notre vie. Les anges apprécient les espaces dégagés, rangés et propres, paraît-il. Avec la bordélique que j’ai été et que je suis encore un peu, ils ont été gâtés avec moi, les anges ! Mdr

J’ai appris le côté sacré de la flamme et alors j’ai compris pourquoi j’avais depuis toujours cette attirance pour elles, ce besoin de les allumer.

Les bougies m’ont toujours apaisée, détendue, rassurée, hypnotisée.

Leur beauté m’a toujours empli de quelque chose de spécial, de sacré. Oui, c’est le mot et c’est difficile d’en trouver un autre. Quelque chose de solennel aussi. J’ai toujours perçu leur caractère, disons… saint. Saint au sens spirituel, et non religieux.

Suite à ma rupture avec S. en octobre 2017, j’ai connu une longue période d’angoisse nocturne. J’étais ultra angoissée le soir au moment d’éteindre la lumière et de dormir. J’étais en manque physique et sentimental de lui. Un manque vicéral. C’était comme un trou noir.

Je luttais dans mon intériorité contre ma dépendance affective, mes pensées obsessionnelles qui invariablement me ramenaient à lui ; contre mon coeur qui faisait l’effort surhumain et continu de le repousser hors de moi.

Je luttais tant que je pouvais.

Je vivais un véritable sevrage, j’étais comme une junky privée de sa drogue; au moment de me coucher j’étais oppressée, désespérée. A la limite de l’attaque de panique. Je pleurais. Parfois au milieu de la Nuit, j’étais réveillée brusquement. En sueur. Et désespérée. Et je pleurais. Plusieurs fois, je l’ai appelé, en pleine nuit. Ses 2 téléphones sur mode avion. Et au matin, rien. Je savais que c’était fini. Mon esprit le savait, je le savais “intellectuellement” mais mon corps et mon coeur allaient mettre beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de temps pour le comprendre, pour l’intégrer et surtout, pour l’accepter.

Ma nouvelle prof de danse qui m’écoutait avec empathie après chaque cours (d’ailleurs merci à elle, elle se reconnaîtra) m’a donné ce conseil devenu précieux : « Rébecca, allume une bougie, avant de t’endormir, demande de l’aide à ton ange gardien… ».

C’était à priori incongru.

Mais je l’ai fait.

Et ça m’a fait un bien fou ! 

Je plaçais donc une petite bougie chauffe plat toute simple juste à coté de moi sur la table de nuit (en toute sécurité bien sûr) et je m’endormais avec elle, priant qui m’entendrait de m’aider à surmonter cette putain de  douleur qui me coupait le souffle, qui me tordait le coeur, qui torturait mon âme, qui me tenaillait la poitrine en permanence. qui me transperçait littéralement et dont je ne voyais pas le bout … J’ignorais vraiment, à ce moment là, comment j’allais faire pour retrouver un jour, un état normal et une vie normale.

J’avais oublié, je l’avoue, ce que c’était qu’un chagrin d’amour.

J’avais oublié sa douleur piquante, vive.

Les bougies m’ont aidée, elles ont fait partie de mon long processus de guérison et de deuil.

Alors merci à elles.

Dire au revoir à S. Il le fallait…

Minute pratique (lol) : plus tard j’ai appris que les bougies parfumées un peu bas de gamme émettent des effluves plus ou moins toxiques.

Pendant ma période de précarité, je ne pouvais pas faire autrement que de me rabattre sur celles là et il faut reconnaitre que des magasins comme « Action » ou « Gifi » ou équivalent proposent beaucoup de choix et que c’est tentant.

Désormais  j’essaie de privilégier les bougies artisanales (comme celles à la cire d’abeille vendues par les producteurs de miel) ou  les créations locales à base d’ingrédients naturels pour minimiser la pollution de mon espace de vie. Mais c’est plus cher…

Les bougies m’accompagnent à n’importe quel moment de ma vie.

Elles sont un besoin, un réconfort. Elles sont à côté de moi si je m’octroie une après-midi cocooning avec livres, sieste et tisane les dimanche d’hiver; pendant les cours de yoga que je donne ou lorsque je fais ma séance personnelle; en soirée seule ou avec des invités, lorsque je sors mes cartes oracles… ou “juste comme ça”, pour le plaisir.

Les bougies sont magiques, mystérieusement merveilleuses dans le noir mais je n’hésite jamais à les allumer aussi en plein jour, pour toutes les raisons que je viens d’évoquer. D’ailleurs, il y en a une non loin de moi alors que j’écris…Moi qui me persuade de n’avoir aucun rituel, je me rends compte que finalement, j’en ai.

Tendrement,

Rébecca

Quelque part sur la Terre en décembre 2020

Incarner le Féminin Sacré : Epanouissement versus Bonheur

Incarner le Féminin Sacré : Epanouissement versus Bonheur

Dans cet article je vais vous parler du distinguo, que je fais, entre “bonheur” et “épanouissement”.

La distinction entre les deux est que, selon moi, l’un émane de l’intérieur, il prend racine au fond de soi, il est proche d’une forme de plénitude…, c’est une « sensation » : celle de se sentir « bien », apaisé(e)… un peu comme « rassasié(e) de l’intérieur », « accompli(e) », “rempli(e)” ou presque.  Plus que cela, c’est à mes yeux un état… un état de… félicité. Ceci est ma conception de l’épanouissement.

Le bonheur, ce sont toutes ces choses « extérieures »,

qui représentent « LA » cerise sur le gâteau, un apport, un plus, un soutien, un cadeau et parfois, une consolation…

J’ai mis des années à appréhender ces notions, à les comprendre, à les intégrer. Après, et je ne le répèterai jamais assez, il ne s’agit là que de mon avis et de ma vision de ces deux termes. Prenez ce qui vous inspire si ça vous inspire et vous parle, et laissez le reste.

Pendant de nombreuses années je me sentais heureuse, j’en avais l’impression,

et bien souvent, j’arrivais à l’être (ou à m’en persuader) mais je n’étais pas épanouie, ni en tant qu’artiste, ni en tant que femme.

Et ça, c’est bien plus tard que j’en ai pris conscience. Dans la douleur.

Pendant des années, j’avais des sources de bonheur extérieures à moi-même qui me permettaient de « tenir » au sein d’un couple dysfonctionnel qui dévorait le peu de confiance que j’avais en moi et qui me maintenait plus ou moins la tête sous l’eau, m’empêchant de me déployer comme j’en avais le besoin au fond de moi. Parmi mes sources de bonheur il y avait mon lieu de vie : un appart’, bien que pas super grand, coquet et confortable, dans un endroit plutôt vivable et verduré ; il y avait l’amour et la compagnie de mon chien (celui que je désirais depuis mon enfance); un job plutôt sympa (chanteuse et prof de chant) dans lequel j’étais quasi autonome, qui ne m’obligeait pas à me lever tôt, à courir après un train ou un métro ou à obéir à un patron, avec des horaires pas trop contraignants qui me laissaient du temps libre (pour déprimer, lol); des vacances plusieurs fois dans l’année; des cadeaux en temps de fête; l’amour de mes proches quoiqu’il arrive; une relation chaleureuse avec mes élèves à qui je donnais cours; la possibilité de me réveiller un peu à l’heure que je voulais; mon cours de yoga près de chez moi; quelques petits achats plaisirs de temps à autres sans trop réfléchir…

Pour autant, je n’étais pas épanouie.

Je vivais péniblement, poussivement, écrasée par le poids d’un mal-être que je ne m’expliquais pas

J’étais comme engluée dans quelque chose, c’est comme si je n’arrivais pas à vivre.

Je culpabilisais de ce que je ressentais, je me disais si souvent en moi-même : « tu as tout pour être heureuse, que veux-tu de plus bon sang ? C’est quoi ton problème ? »… Je ne me comprenais pas moi-même ! Je n’étais pas épanouie dans mon couple même si j’ai mis longtemps à l’identifier et à l’admettre. J’avais une sexualité assez pauvre et me sentais globalement incomprise et mal-aimée. Je me racontais des histoires, je me mentais à moi-même, pour ne pas « craquer »… Mais je sentais que le craquage finirait par arriver. Et que, ce jour là, ce serait un tsunami qui me laisserait dévastée, sur le carreau…

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Je m’étais habituée à ce non-épanouissement,

à coup de poncifs du genre « on ne peut pas tout avoir dans la vie », « il faut savoir se contenter de ce que l’on a ». Je voyais autour de moi pas mal de personnes visiblement aigries ou écrasées par les épreuves de la vie et je pensais que la vie, « c’était ça » : quelques bonheurs par-ci par là, jamais pérennes et une insatisfaction globale apparemment insoluble.

Alors, résignée ou presque, je me contentais du “minimum”,

me disant que d’autres dans ce monde n’avaient pas ce que j’avais. « Il » (mon ex conjoint pervers narcissique) me le rappelait souvent lorsque j’osais exprimer ma lassitude… Flash back : « Tu te plains de quoi exactement ? De te lever à midi ? Que ce soit moi qui fasse bouillir la marmite ?  D’avoir le temps de regarder les feuilles tomber des arbres en sirotant un thé vert à la menthe pendant que moi je bosse ? » dans ces moments là je me disais… : « merde, il a raison, tu devrais avoir honte et savoir apprécier ce qu’il te donne et la chouette vie que tu as ».

Alors j’essayais à nouveau.

J’essayais d’occulter ce mal déclaré illégitime.

J’essayais, mais je n’y arrivais pas.

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Et puis un jour, le jour où j’ai fait exploser cette vie,

le jour où j’ai perdu ce confort, où j’ai quitté cet appartement, décidé de me passer de « l’amour » de cet homme, de sa présence; où j’ai renoncé à ma petite aisance financière, à ma « petite vie » ; le jour où j’ai fermé mon association, quitté mes élèves, cessé d’enseigner, de travailler, de chanter; où j’ai perdu mon statut d’intermittent du spectacle, où je me suis retrouvée dans le rouge à la banque,…. puis … le jour où mon chien d’amour est mort, où je me suis brûlée, où j’ai avorté…. où j’ai perdu tous mes grands-parents…où je suis tombée en burn-out, etc…. alors j’ai compris. J’ai compris quelque chose. Quelque chose de fondamental, de primordial pour moi. Cette chose que justement, je devais comprendre. J’ai compris que mon bonheur reposait sur des « choses » qui pouvaient m’être enlevées, des choses que je pouvais perdre et d’ailleurs, une à une, je les avais perdues…

feminin-sacre-burn-out-light-and-loveJ’avais édifié l’illusion d’un idéal sur des bases friables.

J’avais construit quelque chose qui ressemblait au bonheur mais qui n’était ni épanouissant, ni nourrissant…

J’ai finalement compris que je m’étais inventé quelque chose qui n’existait qu’étrangement; qui me rassurait, qui me consolait, qui me permettait de nier la réalité de ma vie, … quelque chose qui était fondé sur des apparences et surtout (et encore une fois) sur des sources d’amour extérieures à moi-même ….

Et alors que j’avais tout perdu ou presque, que me restait-il ? Rien. Rien sauf… Moi.

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Et c’était bien là le problème. Uniquement moi. Moi et mon territoire intérieur ravagé. Moi et mon féminin ultra blessé. Moi, exsangue. Moi, à vif. Moi, au bord du Vide. Moi, aux portes de l’Enfer. Moi et mes rêves déchus.

Il me restait ma relation avec moi-même et là… ce fut d’abord la douche froide.

Là j’ai fait face à un gouffre. Dont je ne voyais pas le fond.

Faire face à moi-même signifiait être face au vide.

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Tout ça pour ça ! Si on m’enlevait tout, alors je ne pouvais plus être heureuse… ?…Merde…………….. Alors que j’aspirais au bien-être, à me lever le matin en étant enthousiaste, à aimer le coeur léger, j’avais tout cassé et étais tout juste capable de faire le constat et le calcul vertigineux de tout ce que j’avais perdu.

Je ne pouvais plus définir ma vie autrement que par ce que je n’avais plus, par un soi-disant “bonheur passé”.

Pendant des années, l’arbre avait bien caché la forêt: le bonheur, “mon” fameux bonheur avait subtilement compensé mon manque d’épanouissement personnel. Pendant longtemps, cette imposture m’a sauvée, me permettant de survivre en zone erronée jusqu’au jour où elle m’a desservie au point de m’emmener au point de rupture.

Une fois les bonheurs de ma vie ôtés, tombés, les uns après les autres, je me suis retrouvée dans un état de dévastation intérieure que je n’avais jamais connu auparavant.

Je me voyais assise là, seule, épuisée, assoiffée, affamée, sidérée, annihilée, impuissante, au milieu du champ de ruines que mon existence était devenue.

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Je vous raconterai comment j’ai traversé le désert de toutes ces pertes pour enfin, un jour, retrouver un équilibre et connaître un épanouissement véritable :

un épanouissement réel, concret et pas un bonheur illusoire; ressenti et éprouvé au plus profond de mon être, et pas en surface. 

Le bonheur découle sûrement de l’épanouissement, mais l’inverse, non je ne pense pas.

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Je suis aujourd’hui heureuse d’être épanouie. 😉

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Où en êtes-vous dans votre vie ?

 

Tendrement,

Quelque part sur la Terre, à l’automne 2020.

Rébecca from “Light & Love”

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